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Envoyer de l'argent vers les pays d'Afrique subsaharienne: pourquoi cela coute encore trop cher

19 février 2026

Imaginez deux personnes qui envoient 200 USD a leur famille en Afrique subsaharienne. Une route va vers le Soudan. Une autre va vers le Malawi. Meme montant, meme trimestre, mais l’une paie environ quatorze fois plus cher: 43.35% contre 3.01% de la valeur transferee.[1]

Cet ecart n’est pas un bug. C’est le coeur de cette entree.

L’objectif fixe par le monde et toujours pas atteint

En 2015, les gouvernements ont fixe un objectif dans les ODD: le cout d’envoi d’argent a l’international doit tomber sous 3% du montant transfere. Les corridors sont des routes precises entre pays d’envoi et pays de reception, et ceux au-dessus de 5% devraient etre elimines.[2]

Nous sommes maintenant au T1 2025. La moyenne mondiale est autour de 6.4% a 6.5%, selon la source.[2][4] L’Afrique subsaharienne est proche de 9%.[4] Aucune destination subsaharienne de cette analyse n’est sous 3%. Vingt-huit sur trente-trois sont au-dessus de 5%.[1]

La cible n’a pas ete atteinte.

Kiosque de mobile money en Ouganda avec signaletique telecom et scene de rue.

Kiosque de mobile money en Ouganda, pour illustrer l'infrastructure de transfert et de paiement decrite dans cette entree.

  • Source: Wikimedia Commons
  • License: CC BY-SA 4.0
  • Credit: Bukulu Steven, own work (2017)

Ce que cette entree examine

Cette entree utilise la base de donnees Remittance Prices Worldwide de la Banque mondiale. C’est une base trimestrielle qui suit les prix effectivement factures par les banques, les operateurs de transfert et les fournisseurs de mobile money sur des centaines de paires pays d’envoi vers pays de reception. Nous utilisons le T1 2025 pour l’Afrique subsaharienne, avec 33 pays de destination.[1]

La couverture inclut des routes depuis l’exterieur de l’Afrique et des routes intra-africaines. Dans un meme pays de destination, les deux peuvent apparaitre. Pour l’Ouganda par exemple, l’echantillon contient Royaume-Uni → Ouganda et Tanzanie → Ouganda.[1]

Ce que cette entree n’est pas: ce n’est pas une estimation ponderee par volumes du fardeau total des menages. C’est une comparaison par destination, utile pour voir ou les couts sont eleves et pourquoi, pas pour calculer une perte de bien-etre nationale exacte.

A quelles questions cette entree repond

  • Quelle est l’ampleur de l’ecart des couts entre destinations aujourd’hui.
  • Comment les couts ont evolue depuis 2011.
  • Quelles routes precises tirent les couts vers le haut.
  • Comment la methode d’envoi influence le prix paye.
  • Quelle part du cout vient de la marge de change et quelle part vient des autres frais.
  • Si les resultats principaux tiennent avec d’autres methodes de mesure.
  • Quels changements de politique sont les mieux soutenus par les donnees.

L’ecart: de 3% a 43% dans la meme region

Au T1 2025, les couts moyens par pays de destination en Afrique subsaharienne vont de 3.01% (Soudan) a 43.35% (Malawi), avec une mediane de 6.94% et une moyenne de 9.98%.[1] Cet ecart de 40 points entre la destination la moins chere et la plus chere est le resultat central. Il montre que l’Afrique subsaharienne n’est pas un seul marche des transferts, mais des dizaines de marches avec des structures de cout tres differentes.

Amplitude pays (T1 2025)

3.01% a 43.35%

Moyennes par destination dans cette agregation ASS RPW, du Soudan au Malawi [1].

Centre de distribution

Mediane 6.94%

Mediane des couts de destination dans l'echantillon ASS de 33 pays (moyenne 9.98%) [1].

Au-dessus de 5%

28 sur 33

Pays de destination ASS observes au-dessus de 5% au T1 2025 avec cette methode [1].

Top 10 des couts de destination les plus eleves en Afrique subsaharienne

RPW T1 2025, montant de reference a 200 USD, moyennes par destination sur corridors entrants de diaspora et intra-africains

510152025303540+Malawi43.35%Ouganda26.85%Kenya17.21%Angola16.40%Rwanda16.37%Botswana14.86%Gambie12.27%Mali11.63%Eswatini11.46%Lesotho11.11%

Les barres montrent le cout en pourcentage pour envoyer 200 USD. Les couleurs codent les bandes de cout: 10-20% et 20%+ en haut de distribution.

Ce que cela signifie

Une moyenne regionale proche de 9% peut coexister avec des destinations au-dessus de 40% dans un cas et au-dessus de 25% dans un autre.[1][3]

Les moyennes regionales donnent un contexte utile, mais elles ne suffisent pas pour concevoir les politiques. Les routes les plus cheres demandent une action ciblee.

Est-ce que la situation s’est amelioree?

Oui, de facon nette, mais pas assez.

Avec la meme methode dans le temps, le cout typique (mediane) par destination est passe de 14.81% au T1 2011 a 6.94% au T1 2025, soit presque 8 points de moins en 14 ans. C’est un vrai progres.[1]

Mais la moyenne a baisse plus lentement, de 13.49% a 9.98%. Quand la mediane baisse plus vite que la moyenne, cela veut dire que le milieu de distribution s’ameliore alors que le haut reste eleve. La queue haute reste collante.[1]

Points de controle de la tendance ASS

Mediane et moyenne des couts par destination, points RPW de T1 2011 a T1 2025

16%14%12%10%8%6%T1 2011T4 2015T1 2020T4 2024T1 2025Moyenne, T1 2011: 13.49% (22 destinations)Moyenne, T4 2015: 10.46% (30 destinations)Moyenne, T1 2020: 9.64% (34 destinations)Moyenne, T4 2024: 9.51% (33 destinations)Moyenne, T1 2025: 9.98% (33 destinations)Mediane, T1 2011: 14.81% (22 destinations)Mediane, T4 2015: 8.73% (30 destinations)Mediane, T1 2020: 8.67% (34 destinations)Mediane, T4 2024: 7.35% (33 destinations)Mediane, T1 2025: 6.94% (33 destinations)Moyenne: 9.98%Mediane: 6.94%MoyenneMediane

La couverture varie selon les trimestres (22 a 34 destinations).

Ce que cela signifie

Le graphique montre le meme schema: un progres reel dans le centre de distribution, mais aucune convergence vers la cible ODD de 3%.

Driver 1: La methode d’envoi change fortement le prix

Avant meme de comparer les corridors, le choix de methode change ce que les gens paient.

Dans le meme echantillon RPW T1 2025 au niveau service, le cout moyen par instrument de paiement va de 4.78% pour le mobile money (n=17) a 15.08% pour le virement vers compte bancaire (n=399). Par mode de reception, il va de 6.43% pour le portefeuille mobile (n=276) et 7.37% pour les especes (n=860) a 16.02% pour le compte bancaire (n=313).[1]

Ce sont des moyennes brutes, pas des comparaisons controlees. Les routes vers compte bancaire se concentrent souvent dans des corridors deja chers pour d’autres raisons. L’ecart par methode est donc reel, mais il n’est pas seulement cause par la methode elle-meme. Le mix corridor et destination joue aussi.[1]

Gradient de cout par mix de methodes (T1 2025)

Cout moyen au niveau service par instrument de paiement et mode de reception

051015202530Instrument de paiementMode de receptionVirement compte bancaireInstrument de paiement | Virement compte bancaire | Cout moyen: 15.08% | n=39915.08% | n=399EspecesInstrument de paiement | Especes | Cout moyen: 9.30% | n=3189.30% | n=318Carte de creditInstrument de paiement | Carte de credit | Cout moyen: 6.06% | n=3296.06% | n=329Carte de debitInstrument de paiement | Carte de debit | Cout moyen: 5.70% | n=3925.70% | n=392Mobile moneyInstrument de paiement | Mobile money | Cout moyen: 4.78% | n=174.78% | n=17Compte bancaire propre/partenaireMode de reception | Compte bancaire propre/partenaire | Cout moyen: 30.16% | n=530.16% | n=5Compte bancaireMode de reception | Compte bancaire | Cout moyen: 16.02% | n=31316.02% | n=313EspecesMode de reception | Especes | Cout moyen: 7.37% | n=8607.37% | n=860Portefeuille mobileMode de reception | Portefeuille mobile | Cout moyen: 6.43% | n=2766.43% | n=276Carte de debitMode de reception | Carte de debit | Cout moyen: 3.44% | n=13.44% | n=1

Barres brunes = instrument de paiement. Barres vertes = mode de reception. n = observations service; les lignes a tres faible n sont indicatives.

Ce que cela signifie

Le graphique montre un gradient clair par methode: 15.08% en moyenne pour le virement vers compte bancaire contre 4.78% pour le mobile money. En reception, 16.02% pour compte bancaire contre 6.43% pour portefeuille mobile et 7.37% pour les especes.

Le pattern reste net: les routes bancaires sont regulierement dans le haut des couts, et les routes mobile money et portefeuille sont dans le bas. Elargir l’acces a des options de reception numeriques est un levier direct.[1]

Driver 2: La route precise compte plus que la moyenne nationale

Les moyennes nationales cachent un fait important: dans un meme pays de destination, le cout peut varier enormement selon le pays d’origine des fonds.

Prenons le Kenya. Le cout moyen pour envoyer vers le Kenya est de 17.21%. Mais cette moyenne combine des routes allant de 4.44% (Royaume-Uni → Kenya) a 58.18% (Tanzanie → Kenya). Cela fait 54 points d’ecart dans une seule destination.

L’Ouganda montre le meme type d’ecart. Sa moyenne est de 26.85%, avec des routes de 5.04% (Royaume-Uni → Ouganda) a 63.63% (Tanzanie → Ouganda).[1]

Decomposition des corridors pour les destinations les plus couteuses

Cout moyen par corridor au T1 2025 pour Malawi, Ouganda et Kenya

010203040506065MalawiAfrique du Sud → MalawiMalawi | Afrique du Sud → Malawi | Cout corridor: 43.35% | n=2643.35%n=26OugandaTanzanie → OugandaOuganda | Tanzanie → Ouganda | Cout corridor: 63.63% | n=1063.63%n=10OugandaKenya → OugandaOuganda | Kenya → Ouganda | Cout corridor: 11.90% | n=2711.90%n=27OugandaRoyaume-Uni → OugandaOuganda | Royaume-Uni → Ouganda | Cout corridor: 5.04% | n=335.04%n=33KenyaTanzanie → KenyaKenya | Tanzanie → Kenya | Cout corridor: 58.18% | n=1058.18%n=10KenyaRwanda → KenyaKenya | Rwanda → Kenya | Cout corridor: 17.72% | n=717.72%n=7KenyaAfrique du Sud → KenyaKenya | Afrique du Sud → Kenya | Cout corridor: 10.45% | n=3610.45%n=36KenyaCanada → KenyaKenya | Canada → Kenya | Cout corridor: 7.28% | n=277.28%n=27KenyaEtats-Unis → KenyaKenya | Etats-Unis → Kenya | Cout corridor: 5.20% | n=315.20%n=31KenyaRoyaume-Uni → KenyaKenya | Royaume-Uni → Kenya | Cout corridor: 4.44% | n=324.44%n=32

Longueur de barre = cout moyen corridor %. Les couleurs regroupent les corridors par destination. n = observations service.

Ce que cela signifie

Le graphique montre pourquoi une moyenne pays peut tromper: les couts corridor dans la meme destination sont tres eloignes, avec le Kenya entre 4.44% et 58.18%, l’Ouganda entre 5.04% et 63.63%, et le Malawi present via un seul corridor a 43.35%.[1]

Les corridors Tanzanie → Ouganda et Tanzanie → Kenya sont des valeurs extremes. Ils ont bien moins d’observations service, 10 chacun, que les corridors depuis le Royaume-Uni, 33 et 32. Cela suggere qu’une concurrence limitee sur ces routes fait partie du probleme.[1]

Le Malawi n’a qu’un seul corridor dans les donnees de ce trimestre: Afrique du Sud → Malawi. Sa moyenne de 43.35% n’est pas tiree vers le haut par un seul mauvais fournisseur dans un grand marche. Elle reflete tout le corridor.[1]

Si la politique publique suit seulement des moyennes nationales, les routes les plus cheres seront manquees. Les donnees pointent vers un suivi et une transparence au niveau corridor.

Driver 3: Marge de change versus autres frais

Le cout total d’un transfert a deux composantes principales:

  1. Marge de change, c’est l’ecart entre le taux de change interbancaire et le taux effectivement donne par le fournisseur.
  2. Frais hors change, cela inclut les frais de transfert, frais de service et autres couts.

Dans l’echantillon ASS au T1 2025, la repartition moyenne est d’environ 31% de marge de change et 69% d’autres frais. Au niveau pays, cela varie fortement, et cette variation change le type d’intervention qui peut marcher.[1]

Au niveau pays, la repartition est tres inegale:

Structure des couts FX versus non-FX

Destinations selectionnees au T1 2025, barres empilees entre marge FX et composante non-FX implicite

01020304045Marge FXNon-FX impliciteGambieGambie | Segment marge FX | Cout total: 12.27% | Part FX: 78.67%Gambie | Segment non-FX implicite | Cout total: 12.27% | Part FX: 78.67%12.27% | FX 78.67%MalawiMalawi | Segment marge FX | Cout total: 43.35% | Part FX: 73.80%Malawi | Segment non-FX implicite | Cout total: 43.35% | Part FX: 73.80%43.35% | FX 73.80%EthiopieEthiopie | Segment marge FX | Cout total: 7.04% | Part FX: 57.30%Ethiopie | Segment non-FX implicite | Cout total: 7.04% | Part FX: 57.30%7.04% | FX 57.30%GhanaGhana | Segment marge FX | Cout total: 6.64% | Part FX: 58.71%Ghana | Segment non-FX implicite | Cout total: 6.64% | Part FX: 58.71%6.64% | FX 58.71%SomalieSomalie | Segment marge FX | Cout total: 6.04% | Part FX: 59.54%Somalie | Segment non-FX implicite | Cout total: 6.04% | Part FX: 59.54%6.04% | FX 59.54%MaliMali | Segment marge FX | Cout total: 11.63% | Part FX: 0.75%Mali | Segment non-FX implicite | Cout total: 11.63% | Part FX: 0.75%11.63% | FX 0.75%LesothoLesotho | Segment marge FX | Cout total: 11.11% | Part FX: 0.77%Lesotho | Segment non-FX implicite | Cout total: 11.11% | Part FX: 0.77%11.11% | FX 0.77%EswatiniEswatini | Segment marge FX | Cout total: 11.46% | Part FX: 0.90%Eswatini | Segment non-FX implicite | Cout total: 11.46% | Part FX: 0.90%11.46% | FX 0.90%

Rouge = marge FX. Vert = non-FX implicite. Longueur totale = cout moyen destination %.

Ce que cela signifie

Les piles de cout ne se ressemblent pas selon les destinations. Certaines sont surtout tirees par la marge de change, d’autres surtout par des frais hors change.

Le Malawi et la Gambie sont surtout des problemes de change. Plus de 70% du cout total vient de la marge de change. Le Mali, le Lesotho et l’Eswatini montrent l’inverse: presque tout le cout vient des frais et charges de service, avec tres peu de marge de change.[1]

Une politique de transparence sur le taux de change aiderait le Malawi et la Gambie. Elle ferait tres peu pour le Mali. Une politique qui plafonne les frais de service aiderait le Mali mais ne traiterait pas le coeur du probleme au Malawi. Une approche unique pour tous sous-performe.

Quelle est la taille du surcout?

Avec une moyenne d’echantillon a 9.98%, l’ecart au-dessus du seuil ODD de 3% est de 6.98 points. Pour un transfert de 200 USD, cela represente environ 14 USD de plus par transaction par rapport au seuil ODD.[1]

En utilisant le contexte RemitSCOPE d’environ 104 milliards USD d’entrees vers l’Afrique en 2024, un simple passage a l’echelle donne un surcout annuel implicite d’environ 7.26 milliards USD par rapport a un niveau de 3%.[6] C’est un ordre de grandeur illustratif, pas une estimation de bien-etre, car le total des entrees est continental et inclut l’Afrique du Nord, alors que l’echantillon de prix ici couvre seulement des destinations ASS et n’est pas pondere par volume.

Pourquoi les couts restent eleves?

Les donnees de la Banque mondiale et une analyse separee de la SARB en 2025 pointent les memes motifs repetitifs dans les corridors chers.[3]

  • Trop peu de fournisseurs sur des routes precises. Quand un ou deux acteurs dominent un corridor, la pression concurrentielle sur les prix est faible. Les corridors Tanzanie → Ouganda et Tanzanie → Kenya, avec 10 observations chacun, sont coherents avec des marches peu concurrentiels.
  • Barrieres reglementaires qui limitent l’entree. Les exigences de licence, les accords d’exclusivite entre banques et operateurs, et les couts de conformite anti-blanchiment augmentent les barrieres.
  • Volatilite de change dans les environnements monetairement tendus. Les fournisseurs actifs sur des monnaies volatiles ajoutent souvent un coussin de prix, ce qui gonfle la marge de change.
  • Infrastructures de paiement fragmentees. Quand portefeuilles mobiles, comptes bancaires et reseaux cash se connectent mal entre frontieres, les couts de reglement restent eleves et les options restent limitees.

Ces facteurs se cumulent souvent sur un meme corridor, ce qui explique pourquoi certaines routes restent cheres meme quand les moyennes mondiales baissent lentement.

Ce que les donnees soutiennent comme action

Les preuves soutiennent une action ciblee, pas un correctif regional unique. La responsabilite est partagee entre trois groupes:

Gouvernements et regulateurs:

  • fixent les regles de concurrence, de transparence des prix et d’interoperabilite;
  • peuvent imposer une transparence complete sur taux de change et frais dans les corridors les plus chers;
  • peuvent fixer des cibles de cout au niveau corridor, pas seulement des moyennes nationales.

Banques et operateurs de transfert:

  • fixent les frais et marges de change dans ce cadre;
  • peuvent etendre les options compte-vers-portefeuille et portefeuille-vers-portefeuille, associees ici a des couts plus bas.

Operateurs de systemes de paiement:

  • faconnent la vitesse et le cout des flux transfrontaliers;
  • peuvent reduire les couts en ameliorant l’interoperabilite transfrontaliere, surtout pour les corridors intra-africains.

Chacune de ces priorites est mesurable avec les memes champs RPW utilises ici.

Confirmation externe

L’analyse de corridors de la SARB arrive a une conclusion proche: des couts superieurs a 10% dans environ trois corridors ASS sur quatre, et seulement deux corridors ASS sous 3%.[3] La note Open Data de la Banque mondiale de juin 2025 signale aussi une forte divergence entre pays, avec 28 pays encore au-dessus de 3% et plusieurs destinations africaines au-dessus de 7%.[5]

Quelle est la fiabilite de cette analyse?

La couverture et la precision restent inegales au T1 2025:

  • 33 destinations ont des observations exploitables, 13 des 46 destinations ASS de l’univers de cette entree n’ont aucune observation non negative.
  • 14 des 33 destinations observees reposent sur un seul corridor.
  • 21 des 33 destinations observees reposent sur deux corridors ou moins.
  • 11 des 33 destinations observees ont 20 observations service ou moins.

Destinations sans observations exploitables au T1 2025 dans ce pipeline: Benin, Burkina Faso, Burundi, Republique centrafricaine, Tchad, Gabon, Guinee, Guinee-Bissau, Mauritanie, Maurice, Niger, Seychelles, Sao Tome-et-Principe.[1]

Tests de sensibilite sur la distribution ASS T1 2025:

StatistiqueValeur
Moyenne non ponderee par destination9.98%
Moyenne ponderee par nombre de corridors9.54%
Moyenne ponderee par nombre de services10.30%
Moyenne tronquee 5-958.69%
Moyenne sans Malawi et Ouganda8.36%

Meme en excluant les deux destinations les plus couteuses, la moyenne reste a 8.36%, presque trois fois la cible ODD. Le resultat est robuste.[1]

Le resultat central tient avec ces tests: les couts restent eleves et la queue haute reste lourde.

Limitations
  • L'analyse de tendance repose sur un panel pays non equilibre dans le temps, car le nombre de pays varie selon les trimestres.
  • L'agregation n'est pas ponderee par volumes de transaction des corridors, ce qui peut differer du fardeau reel supporte par les menages.
  • Les moyennes par methode sont descriptives et non causales, car la composition par corridor et destination varie selon les categories de methode.
  • La decomposition des composantes utilise un residuel non-FX implicite, donc c'est un diagnostic plutot qu'une decomposition comptable complete.
Sources

References

  1. Base de donnees World Bank Remittance Prices Worldwide, Issue 53 (T1 2025), workbook: https://remittanceprices.worldbank.org/sites/default/files/rpw_dataset_2011_2025_q1.xlsx
  2. World Bank, rapport Remittance Prices Worldwide, Issue 53 (mars 2025): https://remittanceprices.worldbank.org/sites/default/files/rpw_main_report_and_annex_q125_1_0.pdf
  3. South African Reserve Bank, “Understanding Cost Patterns in Remittance Corridors of Sub-Saharan Africa” (2025): https://www.resbank.co.za/content/dam/sarb/what-we-do/payments-and-settlements/cross-border-payments-conference/documents/paper-cost-patterns-remittance.pdf
  4. UN DESA Policy Brief No. 196 (novembre 2025), “Developments in global remittance flows”: https://policy.desa.un.org/publications/developments-global-remittance-flows
  5. World Bank Open Data (16 juin 2025), “The cost of sending remittances is higher than 3% in 28 countries”: https://www.worldbank.org/en/opendata/the-cost-of-sending-remittances-is-higher-than-3—in-28-countries
  6. Page regionale RemitSCOPE Afrique: https://remitscope.org/africa/
Voir aussi